Sexualité : génétique ?

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28 février 2017

Hello à tous,
Pour la petite histoire, j'ai eu un débat il y a deux jours avec des amis sur les "facteurs" qui font qu'une personne est hétérosexuel ou homosexuel... Du coup je voulais recueillir vos avis par rapport à cette question.

Certains de mes amis pensent que la sexualité est innée, naturel, qu'on naît hétérosexuel ou homosexuel et qu'aucun facteur externe n'oriente la sexualité de la personne.

Mon avis à moi était plutôt contraire. Je suis peut-être trop terre-à-terre pour le coup, mais je pense que si notre sexualité était établie dès la naissance, cela voudrait dire que c'est génétique. Or, à ce jour, (certes la sciences aujourd'hui ne permet pas de l'affirmer avec certitude) aucun gêne ne définit l'orientation sexuelle. Et puis la vision que j'ai est qu'une personne est plutôt définie par son vécu que par son génome, de manière général (donc tout aussi bien ses traits de caractère). Et là, je n'entre pas dans les stéréotypes des "parce qu'il a eu une poupée Barbie pour ses 5 ans, le petit Théo est devenu homosexuel", mais plutôt que c'est un tout, qu'il n'y a pas de règle spécifique, que la personne se construit par rapport à tout ce qu'il a vécu et comment lui a personnellement réagi à chaque événement.

Ce à quoi mes amis ont répondu que cela voudrait dire qu'une personne devient homosexuel par rapport à son environnement, donc l'homosexualité ne serait pas naturelle ? Cela rejoins l'idée des parents qui culpabilisent en apprenant que leur enfant est homosexuel car ils considèrent avoir échoué quelque part... et du débat de "Est-ce qu'un enfant avec parents homosexuels a plus de chance de devenir homosexuel ?".

Je considère qu'ils ont raison dans un sens. Effectivement, si on prend le sens premier du mot, ma vision dit que ce n'est pas "naturel". Mais ça le reste tout autant pour moi car c'est selon moi le cours de la vie et que c'est totalement incontrôlable, aléatoire, et ce qui en fait sa beauté.

Bref, vous voyez donc un peu le débat... J'ai hâte de lire vos points de vue :D
Vous avez 4h.

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28 février 2017

Peut-être qu'un jour, on apprendra effectivement qu'il y a un gène qui s'exprime chez tous les homosexuels sans exception et pas chez les hétérosexuels ou vice-versa. En tout cas, si l'homosexualité n'était pas naturelle, tu aurais pu répondre à tes amis la question qui tue suivante : "alors pourquoi chez au moins 450 espèces animales l'homosexualité est naturelle et courante ?" il n'y a que l'être humain qui se questionne en permanence et qui est prêt à condamner ses semblables en trouvant telle ou telle chose anormale...

C'est sans aucun doute un ensemble de choses, un melting pot de raisons qui font qu'on est orienté vers telle ou telle sexualité. Je me souviens très bien avoir eu une "amoureuse" quand j'étais tout petit, genre vers 6 ou 7 ans, je me souviens même encore de son prénom. Une fille que je voyais à l'école de musique et que, je crois, j'aimais bien et qu'on me chambrait un peu avec ça. Ensuite, plus rien jusqu'à mon début d'adolescence où sans me poser de questions, j'ai commencé à être attiré certains de mes copains de classe, etc.

Alors s'est-il passé quelque chose entre ces deux périodes qui expliquent qu'aujourd'hui je sois attiré par les mecs ? Est-ce parce-qu'on m'a rejeté en primaire/collège (et bien sûr les filles) parce-que j'étais très moche ? Parce-que même mon meilleur ami à l'époque avait rejoint les rangs de ceux qui se moquaient de moi ? Ou est-ce que même si mon enfance avait été différente et que j'avais été le "bogoss" du collègue couru par les filles, j'aurais de toute façon attiré par les mecs car mon homosexualité proviendrait d'un tout autre facteur ?

A vrai dire, je m'en moque pas mal des raisons. Je suis ce que je suis et je pense qu'il n'y a pas réellement d'explications. Tout comme il n'y a pas de raisons non plus pour qu'un hétérosexuel soit hétérosexuel. Pour les transgenres, je pense par contre que c'est différent car il y a une vraie dissociation entre le corps et l'esprit. Possiblement un problème génétique ou hormonal à la naissance qui explique qu'une personne soit dans un corps qui ne le représente pas. Mais bon on digresse.

Enfin voilà mon avis qui est que je n'ai pas réellement d'avis ! @onion9@
Il n'y a, je pense, finalement que ceux qui sont homophobes (que ce soit plus ou moins prononcé ou latent) ou ceux qui ne s'acceptent pas, qui cherchent à savoir pourquoi. Y a t-il vraiment une explication à tout dans l'univers ? @onion17@

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28 février 2017

Tiniel Cerulis a écrit : Je me souviens très bien avoir eu une "amoureuse" quand j'étais tout petit, genre vers 6 ou 7 ans, je me souviens même encore de son prénom. Une fille que je voyais à l'école de musique et que, je crois, j'aimais bien et qu'on me chambrait un peu avec ça. Ensuite, plus rien jusqu'à mon début d'adolescence où sans me poser de questions, j'ai commencé à être attiré certains de mes copains de classe, etc.
Comme si c'était il y a 50 ans... @onion9@

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28 février 2017

Mmh je ne peux parler que pour mon cas.

J'ai eu des petites amies chaque année différente de mes 4 ans jusqu'à mes 14 ans. Je leur vouais des sentiments amoureux vrais, je les embrassais même sans gêne (oui j'étais précoce).

Cependant, arrivé à mes 14 ans et en pleine ébullition hormonale, j'ai vu que je ne fantasmais uniquement que sur des garçons.

Comment dire, mon opinion actuelle, qui n'a pas trop changée depuis pas mal d'années, est que mon homosexualité je suppose, s'est construite selon mon environnement oui.

Un schéma psychique inconscient qui au départ lorsque j'étais jeune enfant, passait par de "l'admiration" de certains garçons plus âgés, du style "j'aimerais bien lui ressembler quand je serai plus grand" (grand chaste que je fus; en même temps pré-pubère, logique) puis pour un réel sentiment de symbiose.

J'avoue que j'étais très fasciné par les personnages de manga, dans Clamp genre KamuiXFuma ou SubaruXSeishiro ou encore ToyaXYukito, je me retrouvais parfaitement dans cette hypothétique relation. La prise de conscience fut rude, j'ai du rompre avec une petite amie qui m'aimait éperdument et je me suis renfermé suis moi-même jusqu'à mon coming out et que mes parents me virent pour ce motif.

Pour mon enfance, c'est mon père qui m'a élevé, ma mère n'a strictement jamais rien fait, à contrario pour mon chéri, lui c'est l'inverse, une mère omniprésente. Donc je ne vois pas comment légitimer concrètement une origine de la chose.

Après c'est sûr que dans l'absolu, on ne peut nier le côté "génétique" (?) ou physiologique de la chose car quand même notre libido et notre désir de ne faire qu'un ne s'effectue qu'envers des personnes de même sexe (pour les gays à 100%) mais pour moi ce désir n'est que la somme de tous les événements nous ayant marqués consciemment ou inconsciemment.

Je remarque que l'adulte que je suis devenu est vachement emprunt des défaillances de mon enfance, et j'avoue que ça me fait bien chier lol.

Lake

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28 février 2017

A mon humble avis (oui oui j'ai un avis humble, et alors ? :D ), l'orientation sexuelle n'est pas définie dès notre naissance. Je trouve ça un peu débile d'ailleurs comme concept "toi tu es né "hétéro", tu resteras hétéro. Toi tu es né "homosexuel" tu seras homosexuel". Pour moi, c'est plus une évolution de notre sexualité qui s'agrandit dirons nous. Et après, la sexualité ne définit pas la personne \o/. Et après, on va pas voir un hétéro en lui disant "oh tu es né génétiquement hétéro ?".

Après ça ne reste que mon avis ! Mais pour moi, il s'agit d'une "évolution" de chacun, au fur et à mesure des années quand on grandit, on en apprend de plus en plus sur nous même, sur nos envies, nos angoisses etc. Après, j'entends beaucoup de personnes dire qu'on devient homosexuel suivant notre environnement, par exemple, un truc que je trouve complètement idiot "Tu traînes qu'avec des filles, t'es forcément gay", ou l'inverse en étant une fille/femme "tu traines qu'avec des mecs, tu fais un peu garçon manqué donc t'es pas un peu lesbienne ?"

Bref pour moi, je ne pense pas que ça soit un gêne qui est directement lié à notre ADN, voir, ce n'est pas un gêne du tout !

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28 février 2017

Oh lala ce vieux débat si facile à faire déraper...
Enfin, ça va pas m'empêcher de mettre mon grain de sel @onion9@

dny a écrit : Mon avis à moi était plutôt contraire. Je suis peut-être trop terre-à-terre pour le coup, mais je pense que si notre sexualité était établie dès la naissance, cela voudrait dire que c'est génétique. Or, à ce jour, (certes la sciences aujourd'hui ne permet pas de l'affirmer avec certitude) aucun gêne ne définit l'orientation sexuelle. Et puis la vision que j'ai est qu'une personne est plutôt définie par son vécu que par son génome, de manière général
(...)
Ce à quoi mes amis ont répondu que cela voudrait dire qu'une personne devient homosexuel par rapport à son environnement, donc l'homosexualité ne serait pas naturelle ? Cela rejoins l'idée des parents qui culpabilisent en apprenant que leur enfant est homosexuel car ils considèrent avoir échoué quelque part... et du débat de "Est-ce qu'un enfant avec parents homosexuels a plus de chance de devenir homosexuel ?".

Je considère qu'ils ont raison dans un sens. (...)
Je pense que tes amis et toi sautez sur une conclusion erronée.
Devenir "quelquechose" par rapport à son "environnement" ne veut pas dire que ce "quelquechose" n'est pas naturel.
Parce que si on devient homosexuel, on devient aussi hétérosexuel, donc l'hétérosexualité n'est pas naturelle non plus.
Logique.
La seule disposition d'esprit qui validerait ce raisonnement, ce serait que l'hétérosexualité soit un développement normal et l'homosexualité (ou toute autre forme de sexualité non hétéro) soit un accident dans le développement normal.
C'est un raisonnement homophobe.

Tiniel Cerulis a écrit : C'est sans aucun doute un ensemble de choses, un melting pot de raisons qui font qu'on est orienté vers telle ou telle sexualité.
(...)
Enfin voilà mon avis qui est que je n'ai pas réellement d'avis ! @onion9@
Il n'y a, je pense, finalement que ceux qui sont homophobes (que ce soit plus ou moins prononcé ou latent) ou ceux qui ne s'acceptent pas, qui cherchent à savoir pourquoi. Y a t-il vraiment une explication à tout dans l'univers ? @onion17@
Cette tournure d'esprit est plus ou moins la mienne.
On ne se pose pas la question si être croyant ou athée est une construction sociale ou une loterie génétique, on ne se demande pas non plus si être susceptible est une anomalie héréditaire, etc.
Se poser la question n'a de sens que quand on a encore un problème (même petit) avec l'identité sexuelle.
Je me suis aussi posé cette question hein :D Mais c'est la seule réponse qui vaille la peine
Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'explication, c'est certainement possible de trouver des schémas, des "causes", des "facteurs".
Mais c'est comme les études scientifiques qui cherchent les différences entre le cerveau des femmes et des hommes.
Le fait même de se poser la question est orienté "politiquement".
On ne cherche pas la différence entre le cerveau des blonds et des bruns, ça n'a pas d'intérêt, on ne cherche pas la différence entre le cerveau des noirs et des asiatiques, ce serait infâme.
Bin c'est la même chose.

Tiniel Cerulis a écrit : A vrai dire, je m'en moque pas mal des raisons. Je suis ce que je suis et je pense qu'il n'y a pas réellement d'explications. Tout comme il n'y a pas de raisons non plus pour qu'un hétérosexuel soit hétérosexuel. Pour les transgenres, je pense par contre que c'est différent car il y a une vraie dissociation entre le corps et l'esprit. Possiblement un problème génétique ou hormonal à la naissance qui explique qu'une personne soit dans un corps qui ne le représente pas. Mais bon on digresse.
Tiniel tu parles des trans avec des mots très durs et borderline.
Je veux bien croire que c'est pas ton intention, mais parler de "problème génétique ou hormonal" ça reste du champ lexical très dur.
Cis ou Trans, il n'y a pas une des configurations qui soit "normale" et l'autre "problématique", exactement comme pour la configuration "homo ou hétéro"
Si les personnes trans rencontrent des problèmes dans leurs vies, ce n'est pas parce qu'iels sont trans, c'est parce que la société cis considère qu'être trans est anormal et que cette "condition" doit être traitée/réglée/guérie/rejetée/younameit.
Sanctifer

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28 février 2017

Je ne suis peut-être pas très à l'aise avec tous les termes et si ça se trouve je confonds totalement avec une autre situation mais en tout cas, ce n'était absolument pas mon intention ! Mais dire qu'il y a peut-être une explication scientifique au fait d'être trans ne signifie pas que c'est mauvais et que ça doit être traité/guéri ou whatever. Le fait est en tout cas que des gens naissent en étant garçon ou fille mais se sentent comme appartenance au sexe opposé. J'ai plus de facilité à m'expliquer cela scientifiquement que l'homosexualité par exemple. Il peut arriver je-ne-sais-quoi pendant la grossesse qui fait qu'une personne naît physiquement avec une enveloppe charnelle qui ne correspond pas à ce que son cerveau et son âme représentent.

Bon, je m'exprime sans doute mal et je ne vais pas en rajouter. En tout cas, je n'ai jamais voulu être borderline ou dur envers les trans. Terre à terre, peut-être. Un peu trop, sans doute. Je m'excuse si j'ai blessé quiconque.

Par contre je ne suis pas vraiment d'accord avec ce que tu dis à la fin :
Si les personnes trans rencontrent des problèmes dans leurs vies, ce n'est pas parce qu'iels sont trans, c'est parce que la société cis considère qu'être trans est anormal

En parti, oui, tu as raison, la société joue un rôle dans le mal-être de ces personnes mais elles souffrent aussi déjà de base d'un problème identitaire. Naître garçon physiquement mais se sentir fille et inversement, regard de la société ou pas, j'imagine que c'est extrêmement compliqué. Sinon pourquoi des gens iraient se faire opérer pour que leur corps reflète ce qu'ils/elles sont à l'intérieur ?

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28 février 2017

Créneau a écrit :
Cette tournure d'esprit est plus ou moins la mienne.
On ne se pose pas la question si être croyant ou athée est une construction sociale ou une loterie génétique, on ne se demande pas non plus si être susceptible est une anomalie héréditaire, etc.
Se poser la question n'a de sens que quand on a encore un problème (même petit) avec l'identité sexuelle.
Je me suis aussi posé cette question hein :D Mais c'est la seule réponse qui vaille la peine
Je ne suis pas d'accord avec vous sur ce point, je considère pas que le fait de s'interroger sur nos origines signifient forcément qu'on ne s'accepte pas ou qu'on a un problème avec ça. Vouloir comprendre ne signifie pas forcément vouloir accuser ou justifier quelque chose mais parfois juste "vouloir comprendre".
Et je pense que tu as cette réaction parce que c'est le cas de l'homosexualité qui est un sujet qui devient très vite borderline/tabou. Mais je m'étais déjà posé la même question pour les traits de caractères dont la susceptibilité comme tu le cites mais aussi bien la générosité par exemple (peut-être que c'est moi qui réfléchit trop, mais preuve comme quoi l'interrogation n'est pas forcément liée à une anomalie). Et c'est ce que je disais, pour moi, même si c'est pas génétique, ça reste plus ou moins naturel (car c'est comme ça que la vie est faite) car c'est comme ça et ça fait partie de l'identité de la personne et qu'il n'y a absolument rien à faire ou changer à ce propos.

Je suis d'accord sur le fait que le dénouement de ce débat n'apporte rien de fondamental en soi. Mais je trouve ça juste intéressant de voir comment chacun voit la chose puisque de toute évidence, nos avis divergent sur la question.

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28 février 2017

dny a écrit :
Certains de mes amis pensent que la sexualité est innée, naturel, qu'on naît hétérosexuel ou homosexuel et qu'aucun facteur externe n'oriente la sexualité de la personne.

Mon avis à moi était plutôt contraire. Je suis peut-être trop terre-à-terre pour le coup, mais je pense que si notre sexualité était établie dès la naissance, cela voudrait dire que c'est génétique. Or, à ce jour, (certes la sciences aujourd'hui ne permet pas de l'affirmer avec certitude) aucun gêne ne définit l'orientation sexuelle.
Pour rebondir sur le mot naturel.Si on regarde l'étymologie de nature c'est "ce qui existe depuis la naissance" donc l' inné.Si on s'en tient à cette définition, l'orientation sexuelle peut être :
- entièrement définie à la naissance pour tous les êtres humains, on la qualifierait alors de "naturelle" (homo, bi ou hétéro)
- acquise à un moment de la vie par un processus (qui fait intervenir un ensemble de facteurs à divers degrés comme peut-être: les gênes mais aussi des facteurs environnementaux, rencontres, comportements, sentiments...), on pourait alors la qualifier d' "artificielle" pour tous les êtres humains (homo, bi ou hétéro).
Au final qu'elle soit naturelle ou artificielle c'est la même chose pour tout le monde.

Il est tout à fait possible que l'orientation sexuelle se construise selon un ensemble d'interactions complexes dans lesquelles la génétique jouerait un rôle mais sans être déterministe.Surement qu'il y aurait un stade critique qui définirait cette orientation de manière assez figée pour le reste de la vie.

Je souhaitais simplement faire apparaître la notion d'épigénétique dont j'aime bien la présentation imagée :
On peut sans doute comparer la distinction entre la génétique et l'épigénétique à la différence entre l'écriture d'un livre et sa lecture. Une fois que le livre est écrit, le texte (les gènes ou l'information stockée sous forme d'ADN) sera le même dans tous les exemplaires distribués au public. Cependant, chaque lecteur d'un livre donné aura une interprétation légèrement différente de l'histoire, qui suscitera en lui des émotions et des projections personnelles au fil des chapitres. D'une manière très comparable, l'épigénétique permettrait plusieurs lectures d'une matrice fixe (le livre ou le code génétique), donnant lieu à diverses interprétations, selon les conditions dans lesquelles on interroge cette matrice
Les exemples donnés sont très parlants :
Par exemple, une même larve d'abeille deviendra une reine ou une ouvrière en fonction de la façon dont elle est nourrie, et un même œuf de tortue peut éclore en mâle ou femelle en fonction de la température. Il s'agit bien de l’expression du même code génétique global, mais des facteurs environnementaux ont sélectionné une expression plutôt qu'une autre, chacune étant disponible dans la « base de données » génétique.

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01 mars 2017

Ah je trouve le sujet intéressant.

Je n'ai jamais poussé les recherches, mais il me semble qu' une partie de notre bagage génétique détermine une certaine partie de notre personnalité (sensibilité, impulsivité, réserve, ouverture), tant d'éléments qui sont plus ou moins agrémentés par l'environnement, la culture, le cadre. Je pense que ça rejoint d'une certaine façon "l'épigénétique".

Je ne m'aventurerai pas à dire que la génétique favorise certaine personne à être plus ou moins gay, mais je tente de me faire un avis dessus.
- Est-ce qu'une personne avec un bagage de sensibilité assez fort et soumis à des situations X et Y qui ressort communément des clichés d'enfance gay (absence de père, mère omni présente, mère castratrice, père abusif, etc.) sera plus voué qu'un autre à devenir homosexuel?
Bon sans vouloir avancer, que tous les homosexuels soient sensibles et névrosés, mais je pense que l'émotivité détermine quand même un peu la manière dont on se laisse plus ou moins impacter par l'environnement. Je me suis effectivement demandé personnellement si ma sensibilité n'avait pas joué dans mon regard envers les hommes et les situations que j'ai cité plus haut dans ma propre vie. Et que peut être quelqu'un de moins sensible que moi n'aurait pas réagi comme je l'avais fait. J'estime quand même que dans mon enfance certains facteur ont fait que je vois en les hommes un échec, et une fascination plus tard.
la personne se construit par rapport à tout ce qu'il a vécu et comment lui a personnellement réagi à chaque événement.
Pour le coup, je travaille avec des enfants (prof des écoles) et j'ai une armée de neveux et nièces. Je constate quand même à quel point certains naissent vraiment avec des traits de personnalité similaires à ceux de leurs parents, quand parfois c'est le total contraire où on se demande juste d'où un enfant de 1 an, peut être aussi sensible, névrosé à son age alors que les parents ne le sont absolument pas.
La fille de ma cousine par exemple, à son grand désarroi, ses parents sont très sociables et ont toujours du monde à la maison, ils sont issus d'une grande famille, la gamine n'aime pas qu'on l'approche et quand y a du monde elle essaie de s'isoler un peu, même eux ne comprenne pas.

Après d'expérience, j'ai vu des gosses de 3 ans être déjà dans des "codes" qui ne sont pas ceux qu'on donnerait généralement à un petit garçon, dans les cours de récré des petits garçons qui sont plus filles que les filles on en croise pas mal.
- "mon animal préféré c'est le caniche"
- "dans ma chambre, ma couleur préférée c'est le rose"
- "je veux danser comme Tal"
Et je passe l'attitude fabulous qui s'en dégage...
Je ne veux pas dire qu'ils finiront gay, mais bon... on identifie déjà quelque chose là...

Pour nuancer mes propos, où j'ai un peu l'impression de diaboliser l'homosexualité comme le font les médias et les études qui laissent toujours sous tendre que l'homosexualité et le résultat d'une rupture ou d'un choc affectif...
J'ai quelque pote homo, super épanouis, qui ont toujours eu une famille aimante et équilibré, qui ne se sont pas toujours posés des questions et se sont réveillés un jour vers 16-17 ans en se disant qu'ils préféraient des pectoraux à des seins, et un pénis à un vagin...

Donc je fais comme vous, j'attends que la science avance et nous déniche quelque chose qui pourrait peut être trancher... sur si l'homosexualité est un fléau pour anéantir l'humanité, si c'est une maladie psychologique, si c'est le début de l'évolution vers une espèce supérieure ou si c'est une variable de l'espèce humaine qui l'amène à réguler sa population ou autre je ne sais quoi.... @onion19@

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01 mars 2017

Sujet très intéressant en effet, parce qu'on s'est tous sûrement posé la question!

Vous avez tous avancé de très bons points, je rejoins ceux qui pensent qu'il y a une multitude de facteurs qui rentrent en ligne de compte. Mais pas pour ça uniquement. En globalité. Pourquoi es-tu comptable, pourquoi aimes-tu les pâtes et le fromage, les bagnoles de courses, les mecs barbus, la marche en montagne plutôt que la plage? Je me suis souvent posé cette question et au final, je ne sais pas s'il y a une réponse.

Je pense qu'on est comme on est, autant par un côté génétique (certains gènes qui s'expriment plus que d'autres) que par le vécu (ces mêmes gènes qui se révèlent à cause de situations particulières, et pas d'autres).

J'ai aussi été amoureux d'une fille en étant gamin, elle me plaisait beaucoup... Mais dans le même temps, sans comprendre pourquoi, quand on jouait au policier et au voleur, j'aimais que le policier m'arrête et me tienne quelques secondes dans ses bras... J'ai arrêté de chercher à savoir pourquoi depuis que j'ai décidé de m'accepter comme homo!

J'utilise néanmoins les termes "on naît homo" car je n'aime pas l'expression "on choisit d'être homo". Je ne pense pas que ce soit un choix mais plutôt la conséquence logique d'une évolution et de choses qui sont en nous à notre naissance.

Je vous renvoie vers quelques vidéos:

On a rien de différent
https://www.youtube.com/watch?v=O64Hxlwudrg
Comme dit Matthieu qui intervient après 2min00sec, "on est tous quelque part différent, la normalité j'évite ce mot, qu'est-ce que c'est d'être normal?". (puis il est trop mignon !!!)

Vivre selon ce qu'on est
https://www.youtube.com/watch?v=atgII98Rjp4&t=94s

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02 mars 2017

En ce qui me concerne, aussi loin que je me souvienne j'ai toujours été attiré par les mecs. Et je pense qu'il y a encore beaucoup de choses qui échappent à la science pour pouvoir répondre à cette question.

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02 mars 2017

J'ai pas lu toutes les réponses, alors peut-être que ça a déjà été dit, mais bon juste au cas où :

Pour répondre à ce sujet, il suffit de regarder les jumeaux (vrais), dont l'un est hétéro et l'autre homo. Ben oui ils sont tout pareil mais en même temps ils sont pas pareil. Donc c'est pas juste une question de génétique. Après j'y connais pas grand chose dans la génétique (il me semble que des gènes peuvent "s'activer" ou pas au cours de la vie...) mais bon tout ça pour dire qu'il n'y a peut-être pas de réponse précise sur le pourquoi du comment.
Et puis bon, c'est un peu comme si on cherchait à comprendre pourquoi certaines préfèrent les poires au pommes. Est-ce vraiment utile au monde ? :D (perso j'aime pas les pommes, et je veux pas qu'on me "guérisse" pour ça :P )

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02 mars 2017

natahem a écrit : J'ai pas lu toutes les réponses, alors peut-être que ça a déjà été dit, mais bon juste au cas où :

Pour répondre à ce sujet, il suffit de regarder les jumeaux (vrais), dont l'un est hétéro et l'autre homo. Ben oui ils sont tout pareil mais en même temps ils sont pas pareil. Donc c'est pas juste une question de génétique.
En fait, c'est plus compliqué que cela, voir l'étude sur les jumeaux.De plus il y a différents types de vrais jumeaux monozygotes selon le type de séparation.
Un autre problème est la découverte récente que même les jumeaux monozygotes peuvent être différents, et il y a un mécanisme qui pourrait expliquer que les jumeaux monozygotes sont en fait discordants pour l'homosexualité. Gringas et Chen (2001) décrivent un certain nombre de mécanismes qui peuvent conduire à des différences entre jumeaux monozygotes, le plus pertinent ici étant la chorionicité et l'amniocité. Les jumeaux dichorioniques ont potentiellement des environnements hormonaux différents, car ils reçoivent séparément le sang maternel à partir du placenta, et cela pourrait donner lieu à différents niveaux de virilisation. Les jumeaux monoamniotiques partagent un environnement hormonal commun, mais peuvent souffrir du «syndrome transfuseur-transfusé» dans lequel l'un des jumeaux est"«relativement rempli avec le sang et l'autre jumeau".
natahem a écrit : Après j'y connais pas grand chose dans la génétique (il me semble que des gènes peuvent "s'activer" ou pas au cours de la vie...) mais bon tout ça pour dire qu'il n'y a peut-être pas de réponse précise sur le pourquoi du comment.
Tout à fait, c'est ce que j'essayais de souligner dans mon message sur l'épigénétique.Le fait d'avoir un ensemble de gênes ne veut pas dire qu'ils vont s'exprimer.Certains peuvent s'activer ou se désactiver à divers degrés, à différents moments selon divers paramètres environnementaux (température, nourriture...).
Même notre comportement peut agir sur l'expression de nos gênes :
En matière d'évolution, l'épigénétique permet d'expliquer comment des traits peuvent être acquis, éventuellement transmis d'une génération à l'autre ou encore perdus après avoir été hérités. La mise en lumière récente de ces moyens épigénétiques d'adaptation d'une espèce à son environnement est selon Joël de Rosnay en 2011 « la grande révolution de la biologie de ces 5 dernières années » car elle montre que dans certains cas, notre comportement agit sur l'expression de nos gènes. Elle explique aussi le polyphénisme, par exemple les changements de couleur en fonction des saisons (tels le renard polaire qui devient blanc en hiver).
Toutes ces interactions font qu'il est très difficile d'en tirer des conclusions puisqu'il faudrait que les études prennent en compte tout un tas de critères différents dont certains difficilement mesurables (le stress...).

Personnellement, j'aime bien l'idée qu'il y a une part de mystère dans l'attirance que l'on a pour quelqu'un.

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02 mars 2017

Finalement, l'interrogation de ce débat, c'est où se place l'homosexualité de l'inné face à l'acquis, de la science face à la nature.

Personnellement je dévoue ma vie à la science (littéralement) mais je trouve cela plus incluant vis à vis de la nature que l'inverse. Sachant que nos atomes ont été créés par la compression des étoiles (aussi simple que cela) et que notre petite tartine de beurre avec de la confiture en résulte autant que notre propre corps, je crois résolument qu'un processus naturel régit systématiquement... tout.

Nous tombons amoureux : phéromone, hormones, psychologie, etc...
Nous avons peur : instinct, vécu, etc...
Nous sommes homosexuels : hormones ? évolution ? vécu ? inné ?

Pour moi, l'homosexualité résulte de la nature quoi qu'il advienne, quelqu'en soit le processus, parce que nous résultons tous de la nature. La question est donc "quel processus", mais que le processus soit dans un gène ou dans une expérience, il résulte quoi qu'il arrive de la nature.

D'ailleurs si les scientifiques arrivent à prouver que l'homosexualité est dans un gène, cela ne changera rien au débat et ne résoudra aucun problème de la place LGBT dans la société.
Les homo : "Vous voyez, c'est naturel"
Les hétéro : "Vous voyez, on peut soigner votre déficience génétique"

Je terminerai juste que les sociétés ont tendance à tout normer en pointant du doigt les choses différentes alors que par définition, la prospérité de la vie n'est possible qu'à travers l'exhaustivité de la nature a créer des êtres semblables mais tous différents.

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02 mars 2017

okami29 a écrit :
Je souhaitais simplement faire apparaître la notion d'épigénétique dont j'aime bien la présentation imagée :
Je ne connaissais pas du tout ce concept ! Super intéressant, je mourrai beaucoup moins con ! Après est-ce que c'est ça qui joue dans l'homosexualité, ça prend sens mais je trouve que c'est pas exactement la vision que j'ai moi dans le sens où pour moi c'est + environnemental que génétique, tandis que l'épigénétique dirait que c'est + génétique qu'environnemental.
Sikander a écrit : Nous tombons amoureux : phéromone, hormones, psychologie, etc...
Nous avons peur : instinct, vécu, etc...
Nous sommes homosexuels : hormones ? évolution ? vécu ? inné ?

Pour moi, l'homosexualité résulte de la nature quoi qu'il advienne, quelqu'en soit le processus, parce que nous résultons tous de la nature. La question est donc "quel processus", mais que le processus soit dans un gène ou dans une expérience, il résulte quoi qu'il arrive de la nature.
C'est exactement ce que j'ai essayé de dire avec ma maladresse. Encore une fois, tu as mis des mots sur ma pensée haha :D
Je te rejoins aussi sur tous les autres points en fait. @onion29@

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02 mars 2017

Nous en avons déjà discuté en famille (notamment parce que mes parents se sont très longtemps demandé ce qu'ils avaient mal fait, et ont longtemps tenté de trouver ce qui avait bien peu merder xD), et il s'avère que nous avons un certain pourcentage de gays dans la famille :)

Je pencherais pour la génétique personnellement ; je n'ai jamais eu de doute sur mes préférences, et ai toujours été attiré par les hommes, aussi loin que je puisse m'en rappeler, et selon moi, rien dans mon éducation ne m'a influencé vers cette "préférence" sexuelle. Mon père était militaire, j'ai joué avec des "jouets de garçon", je regardais des films d'action (un peu trop violents pour mon âge) et mon père s'est toujours occupé de moi même si assez souvent absent. Je n'ai jamais eu d'attirance pour les filles :)

Je n'ai pas tout lu, mais j'aime la théorie selon laquelle la nature peut aussi tenter de limiter notre reproduction en induisant un gêne qui ferait que des individus soient attirés par le même sexe, et donc ne soit pas portés ou amenés à se reproduire... Mais l'humain étant ce qu'il est, nous trouvons TOUJOURS une solution xD

Le jour où ils nous trouveront le gêne ou le chromozome gay, il faut s'attendre à des dépistages prénataux et autres traitements géniques... :D

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02 mars 2017

C'est exactement ce qui pourrait me faire peur si quelqu'un découvrait que c'est effectivement génétique... Ca va être la chasse aux sorcières pour supprimer le gène en question. Bonjour l'angoisse ! Pour ma part, je ne saurai expliquer pourquoi je suis homo. Je n'ai jamais eu d'attirances pour les filles non plus (à part les seins, je ne sais pas pourquoi je trouve ça vraiment chouette lol).

Mon premier mec était un faux jumeau. Son frère est totalement hétéro. Pourtant ils ont reçu exactement la même éducation. Donc ça ne serait pas environnemental. Pas simple tout ça. Au final l'important c'est de pouvoir le vivre du mieux possible finalement, personnellement je me dis que ce n'est pas bien grave de savoir d'où ça vient...

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02 mars 2017

D'ailleurs je rebondis sur ce que tu dis Henkil par rapport à la régulation de la nature (qui n'est pas forcément une théorie que j'exclue en effet), c'est que les primates ne sont plus du tout assujettis à la reproduction que la grande majorité des espèces.

Les homosexuels sont perçus différemment en société à cause de leur "attirance sexuelle" différente du sexe opposée nécessaire à la reproduction, mais c'est aussi essentiel de voir que les hétérosexuels ne sont plus du tout dans un processus de reproduction avec le sexe opposé. En réalité, homosexuel comme hétérosexuel associe la sexualité a du plaisir bien avant le besoin de se reproduire.

Nous sommes donc parfaitement semblables, hétéro comme homo, dans notre approche de la sexualité aujourd'hui.
Je trouve cela très amusant qu'on nous pointe du doigt pour un comportement jugé "contre-productif" alors que le comportement d'un hétérosexuel est 99,999999% "contre-productif" sur le plan reproductif/vital.

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02 mars 2017

A la différence prêt, Sikander, que ceux qui nous reprochent cela sont majoritairement des croyants (quelle que soit la religion) associant encore énormément sexe et reproduction. Il n'y a qu'à écouter les discours anti féministes lors des manifs contre le mariage pour tous. C'est affligeant de voir la place que ces gens laissent à la femme dans notre société (mère de famille avant tout), ce qui correspond bien à leur volonté de dire copulation=reproduction.

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