Phobie sociale...

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14 octobre 2017

Le manque de confiance en soi, un bien grand problème, mais qui peut engendrer des troubles très handicapants...

Bonjour,


Il y a un moment que je pensais poster un nouveau sujet, mais je n’osais pas me lancer. Après quelques échanges, je me dis, pourquoi pas. Je risque quoi au fond…
Cette hésitation est justement directement liée au problème dont je souhaite parler.

Je vais développer un peu, et je m’en excuse par avance.

Je suis originaire de Dijon où j’ai vécu jusqu’en 2012. J’avais depuis longtemps envie d’en partir, sans véritablement avoir de raisons précises, même si je pouvais en avoir des tas. Quitter un amour impossible, l’attrait d’une grande ville, envie de nouer de nouvelles relations…
Je pensais alors pouvoir me débarrasser d’un problème, sur lequel j’ai mis des mots que très récemment.

Aller chez le coiffeur : j’y allais très tôt le matin, en semaine, là où il y a moins de monde dans les rues, voire très tard le soir, quand il fait nuit en hiver (« je sors de chez le coiffeur, les gens vont forcément me regarder, parce que je suis mal peigné… »).
Aller en courses : je passe par de petites rues peu fréquentées, là encore tôt le matin ou tard le soir, à la nuit tombée (« les gens sont habitués à me voir passer, seul, il y a forcément un problème »).
M’acheter des vêtements : beaucoup de vendeurs, que j’imagine gays*, qui eux savent s’habiller, sont grands, beaux… « Ils vont me regarder »  (c’est forcé !): je suis petit, je ne sais pas m’habiller et surtout, du fait de cette petite taille (1,66m si vous voulez un chiffre), j’éprouve des difficultés à trouver les vêtements adaptés, ce qui entraîne alors plusieurs essayages et donne alors d’autres raisons supplémentaires aux vendeurs de se moquer (si, c’est obligé !). Attention, j'en vois venir certains : 1,66m, ce n'est pas petit. Disons que dans la "génération" actuelle (j'ai 41 ans), les "jeunes" sont de plus en plus grands. C'est chose certaine. Mais il faut distinguer deux choses : la pensée négative et la pensée de focalisation. Et cette phobie, comme beaucoup de phobies est absurde (encore plus quand on sait que la personne phobique en a conscience). Donc on a beau nous dire que "1,66m n'est pas petit"... Ca marche pas
Enfin bref, je pourrais donner plein d’autres exemples….

(* : pourquoi je précise "gay" : beaucoup de gays, surtout dans le milieu de la mode, ont un oeil très critique, voire moqueur, on le sait tous. Les gays n'étant (attention, je ne mets pas tout le monde dans le même panier) par ailleurs pas les personnes les plus tolérantes concernant le physique, en particulier de leurs homologues masculins. Et malheureusement pour moi, je ne peux aller m'habiller que dans une boutique de fringues, pas encore au rayon des côtes de boeuf...) (et on oublie la vente par correspondance : je suis obligé d'essayer d'une part, et pour vaincre une phobie, il faut y être confronté pour ceux qui ne le savent pas, ce ne serait donc pas forcément une alternative judicieuse...)

Avril 2012, je pars pour Bordeaux. Une grande ville (« personne ne me connaît, je pourrai plus facilement sortir »).
Je sors, je vais au ciné (je n’ai pas vraiment d’occupation, je ne connais personne et ne pratique aucun sport - hélas je dirais-) mais j’essaie de connaître du monde.
Forcément, via les réseaux gays. Je rencontre alors des mecs.
Deux ans plus tard, de nouveau je me suis isolé.

Que s’est-il passé ?

Comme Dijon : à savoir qu'au bout d'un temps, je sors de chez moi, j’ai l’impression que tout le monde me connaît, me regarde. Et si on me regarde, c’est qu’il y a forcément quelque chose qui ne va pas. Je pensais qu’aller dans une grande ville allait arranger les choses, que nenni.

Et j’ai alors mis un nom la dessus : phobie sociale.

J’en ai alors parlé à mon médecin traitant cette année seulement qui m’a adressé à un psychiatre, qui lui-même m’a adressé à un autre, ce dernier traitant les phobies (dont celle des araignées pour ceux que cela intéresse…).
Voilà, je ne m’étais pas trompé : je souffre effectivement de phobie sociale (qui peut bien sûr se manifester différemment selon chaque individu). Et quand cela commence à impacter sur mon travail, cela devient problématique (je suis infirmier depuis 11 ans). A noter un petit contexte d’aggravation qui m’a incité à en parler, celui d’un burn-out… Ca n’arrange rien.

J’en suis environ à la quatrième séance où j'ai jusqu'à présent décrit les situations qui déclenchent la phobie, ce que je pense à ce moment et comment cela se manifeste.
Pour moi, cela se déclenche d’une part à des moments cités plus haut, mais également à d’autres, et de façon différente.
Prendre le téléphone pour prendre un RDV, il faut que je réfléchisse à mes mots avant de prendre le combiné ("je vais forcément bégayer"), ou bien écrire un sujet sur un forum (« je serai forcément inintéressant, voire ridicule ou débile »).
Dans peu de temps, le psy me donnera des « exercices » à faire, de mises en situations j’imagine (il n’a pas détaillé et je n’ai rien demandé puisque j’anticipe déjà et j’angoisse à l’avance).
Justement, mon problème aussi : l’anticipation. Toujours négative. Forcément. Cette anticipation négative fait que je ne me lance pas, que je ne fais pas front, je reste alors dans ma zone de confort. Cela devient ainsi un cercle vicieux : je ne sors plus, il y a alors une stagnation de l’anxiété voire une augmentation de cette anxiété.

En ce moment, je ne sors justement plus que quand c’est nécessaire. Je me suis isolé et je ne vais plus vers les gens. Je suis mal à l’aise (un ami m’invite, mais il sera avec trois ou quatre de ses propres amis que je ne connais pas : impossible pour moi…). Et si je viens à rencontrer quelqu’un (je n’ai pas été sur un site de rencontre pour rencontrer un mec sérieusement depuis… 3 ou 4 ans…), je suis sur la défensive et je peux paraître froid, distant. Con sans doute, maladroit c’est sûr, je sais pas.


Voilà. Et j'ai essayé de résumer... ^o)

Je n’attends pas vraiment de conseils, mais peut-être des témoignages de personnes souffrant d’un problème semblable.
Attention, la timidité est une chose, je parle là véritablement de phobie. A savoir qu’il y a en plus de fortes manifestations anxieuses associées, d’ordre plus « physiques » : accélération du rythme cardiaque en particulier, sueurs profuses, grosse fatigue qui m’envahit d’un seul coup, augmentation de la fréquence respiratoire…

Je vous souhaite à tous une excellente journée/soirée :)

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14 octobre 2017

Bon, je fais partie de ceux qui t'ont poussé à t'exprimer alors je poste ma petite anecdote pour contribuer !

En fait c'est marrant mais je me suis bien reconnu à propos des vêtements : je déteste acheter des vêtements, notamment parce que je ne m'intéresse pas (mais alors pas du tout) à la mode et que je n'achète que le minimum de survie (j'ai toujours eu tendance à trouver que les vêtements étaient une dépense inutile, en ce qui me concerne > c'est pas un jugement sur autrui, par ex. mon mari passe sa vie à s'en acheter). Effectivement, je pense que c'est lié à la peur d'être jugé. Ma meilleure expérience de shopping (j'y repense avec un souvenir ému @onion29@ ) c'était aux Etats Unis l'an passé : j'habitais à Princeton, qui est une petite ville, et j'étais allé dans un centre commercial pour me racheter un pantalon ou deux. He ben le magasin de vêtement était gigantesque, complètement désert (un soir en semaine) et les vendeurs avaient d'autres chats à fouetter (d'ailleurs ils correspondaient pas vraiment au cliché que tu décris : c'était plutôt des gens qui étaient là parce qu'ils avaient pas trop le choix). A l'inverse, gros stress quand j'accompagne mon mari (qui doit à peu près faire ta taille mais qui est une vraie fashion victim, comme quoi :D) pour les soldes à Val d'Europe. Et là, c'est pas un fantasme : j'ai déjà entendu des gens glisser quelques remarques désobligeantes à mon intention car je devais pas être assez bien sapé à leur goût (genre "oh regarde le mec il porte des baskets trop moches" > et c'est pas l'apanage des gays d'être irrespectueux et malpoli de la sorte).

Enfin voilà. Bon, je vais être honnête, je pense que j'ai fait pas mal de progrès sur ce point donc je suis de moins en moins phobique (par contre niveau vêtements c'est toujours la catastrophe @onion9@ ). D'une part grâce à mon ex et à mon mari, qui m'ont toujours trouvé très bien (ça booste la self-esteem), et d'autre part grâce au fait d'avoir fait un coming out général il y a environ 5-6 ans (toute ma famille, tous mes amis, tous mes collègues de bureau > difficile d'avoir une vraie relation avec les gens quand on porte un "masque" en permanence). J'aurais tendance à penser que cette vision négative de moi-même est étroitement liée au contexte très homophobe que j'ai vécu au collège-lycée. J'étais au placard, mais il fallait constamment être sur mes gardes pour éviter les soupçons (il y avait de véritables chasses aux sorcières) et je pense qu'à force d'entre "pd" et "tapette" comme insulte (pas contre moi mais c'était la première insulte qui venait à la bouche) quotidiennement ben ça aide pas la self esteem @onion30@ . Après à la fac l'ambiance s'est détendue. Un truc qui m'a aidé : aller à l'association LGBT de ma fac (parler librement, savoir qu'on est pas jugé sur sa sexualité, etc.). Certes il y a beaucoup de gays qui "jugent" (j'avais rencontré une psy du travail dans le cadre d'une formation qui avait expliqué que le fait de juger durement les gens est lié au fait de se juger durement soi-même donc c'est pas très étonnant) mais c'est aussi rassurant de voir qu'il y en a aussi des petits, des grands, des gros, des minces, des poilus, des imberbes, etc. (contrairement à l'image qu'on retrouve souvent dans les films et séries).

Je pense que tu as bien fait d'aller voir un psy, c'est la première étape (après la réalisation qu'il y a un souci) vers l'amélioration de ta qualité de vie (et pour le coup je trouve ça courageux de ta part de nous en parler ici). Go go go soldier !! @onion17@

Et tiens, un peu de lecture qui pourrait t'intéresser : article intégral en anglais / résumé en français. Ca parle essentiellement de solitude, mais je pense que c'est lié justement à la question de la phobie sociale chez les gays.

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15 octobre 2017

Oui, effectivement, tu es un des deux ici à m'avoir poussé à écrire ce sujet ;)

Le fait d'être homo ne joue guère actuellement sur moi puisque mes amis le savent depuis une vingtaine d'années, ma famille (aussi réduite soit-elle...) s'en doute depuis également bien longtemps je pense mais le sait officiellement depuis un peu plus de 10 ans.
Actuellement, cela ne me pose aucun problème.

Mais : tu as complètement raison pour les années collège/lycée. Ce n'est pas cela qui a diminué l'estime que j'ai de moi-même, mais le fait de cacher son homosexualité constamment comme une seconde peau n'aide certainement pas à se faire des amis, à lier des amitiés, on a tendance à se refermer, à ne pas vivre pleinement, à être dans le mensonge. Ton image du masque est tout simplement parfaite.
Certains diront qu'ils le vivent très bien maintenant à 20 ans, je dirais qu'il y a 20 ans, j'en avais 20 également et que le contexte était déjà différent de maintenant (moins de tolérance, et on en parlait moins !), mais encore bien mieux toléré que 20 ans avant (soit il y a 40 ans !). Il est plus facile d'être gay maintenant à 20 ans et il le sera (je l'espère !!!) encore plus facile dans 20 ans pour ceux qui auront... 20 ans... Je suis clair là... @onion35@

Je suis comme toi, j'ai commencé à mieux l'accepter à la faculté. Des gens plus "matures", je me rends compte alors que tous les gens ne sont pas des monstres. Et j'avais tendance à passer inaperçu.

Et tu as encore raison, trouver un mec booste sans doute (même sûrement) carrément l'estime de soi. Mais si cette phobie m'en empêche (bien qu'elle ne soit pas la seule responsable, je ne suis bien sûr pas le genre de tout le monde), j'ai fait beaucoup d'erreurs par le passé hélas. Je ne m'étendrai pas.

Et pour des personnes qui ont la quarantaine maintenant, ou plus, ils ont peut-être aussi vécu la chose différemment. Il est vrai que j'ai eu tendance à me refermer dès l'adolescence. J'avoue que les jeux vidéos ont été "traitres" pour moi. Je n'avais que ça comme occupation (mais j'étais un Dieu à l'époque ; comme les mecs étaient soufflés quand j'esquivais tous les petits pixels bleus de Gradius sur NES considérés comme un boss de fin de niveau, le second je crois). Et au final, cela ne m'a pas apporté grand chose...
L'histoire familiale est essentielle également. Mais là encore, je ne m'étendrai pas.

Au fait, j'adore Val d'Europe. Je n'y passe plus hélas depuis bien longtemps, mais ce centre commercial est vraiment magnifique. Et j'allais toujours acheter mes pumas à La Vallée ;)

Tu me fais rire avec ton histoire de fringues :D Mais ça prouve que deux personnes différentes à ce niveau peuvent tout à fait s'entendre, ça a un côté rassurant.
Et j'ai été touché quand tu as marqué que tu repenses avec un souvenir ému à ta séance de shopping. Quelle idée de venir en France alors que d'autres rêvent ne serait-ce que de visiter toutes ces villes des Etats-Unis !? Quelle formidable histoire tu dois avoir !

Pour ton doc, je me contenterai du résumé, car à part "Hello Alison ! Hi Alison ! Where is ma umbrella ?", c'est assez limité (j'exagère un peu, mais bon).

Mais merci d'avoir participé, mon post est un peu fait pour ça, échanger, donner des pistes, aider d'autres, plein de trucs quoi.

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15 octobre 2017

Bonjour Kurillos déjà bravo d'avoir fait l'effort de partager ta phobie ici, j'imagine que cela à du te demander bien des efforts...

Je trouve ça déjà positif que tu aies pu identifier et mettre un mot sur ce "mal être" qui te handicape au quotidien, même si cela n'arrange pas grand chose évidemment, cela te permet déjà, pour toi, de pouvoir te focaliser/cibler de possible solutions pour t'en sortir.

De ce que j'ai compris de ton post c'est que ta phobie est la conséquence à la base d'une mauvaise appréciation de qui tu es.

Je lis que tu as essayé d'améliorer le jugement que tu as sur ta propre personne en t'habillant avec de beaux habits et je trouvais que c'était une bonne idée...

Contrairement louloup, je trouve que se sentir bien et a l'aise dans de beaux habits qui nous mettent en valeur aide énormément à booster sa confiance en soi pour commencer.

Chez les animaux les formes et les couleurs sont utilisés pour la séduction, pour faire un parallèle il suffit de voir les parades extraordinaires des oiseaux du paradis, pour ne citer qu'eux, avec leurs couleurs, et leurs plumes toutes plus extraordinaires les unes que les autres pour se rendre compte que ces "habits" qu'ils portent leur donne toutes leurs beautés, leur singularité et leur prestance.

Chez l'homme il en va de même, étant de naissance des animaux complètement nu, sans spécificité aucune, l'accoutrement vestimentaire est là pour nous rendre séduisant, plaisant pour les autres comme pour nous même mais aussi nous donner justement cette singularité et prestance qui nous fait défaut à tous à l'état naturel (il n'y a rien qui ressemble à un corps nu qu'a un autre...)

Pour moi il est certain que le bien être intérieur passe par les vêtements d'autant plus que nous les portons au moins 8h par jour... Il vaut mieux s'y sentir a l'aise que l'inverse !

Maintenant j'entends bien que ta maladie limite énormément ta possibilité de pouvoir t'habiller comme tu le voudrais mais peut être existerait il une solution pour que tu puisse être épaulé par un/une ami(e) qui aurait un peu la fibre vestimentaire pour t'habiller et qui ferait les déplacements pour toi en magasin pour t'amener et ramener des vêtements pour toi? Pourquoi pas même envisager cela avec un professionnel (coach...)?

En fait du peu que j'en sais a priori j'ai l'impression que dans la phobie sociale ce n'est pas tant les autres qui pose problème mais plutôt le jugement violent et tyrannique que nous avons sur nous même et que l'ont projette par extension sur les autres en leur attribuant celui-ci. Peut être que dans cette maladie, les autres seraient les représentations physiques, tangibles, de ce qui pose psychiquement problème en nous?

Avant d'arriver à cette maladie qui t'invalide, il y a eu tout un cheminement intérieur, des étapes qui t'ont conduit à cette maladie d'accord?

Je pense que les professionnels que tu as vu ont du te dire que ta maladie est réversible car tu ne l'avais pas a ta naissance, elle s'est déclarée à la suite de facteurs qui se sont "accumulés". Tu peux donc faire le chemin inverse et t'en sortir en faisant tout un travail de "désamorcement" des événements qui t'ont conduit à être prisonnier de cette phobie. Il y a donc une issue et la guérison certaine au bout. Il faut y aller pas à pas. Entoure toi du mieux que tu puisses de personnes positives et sincères (j'entends "sincères" par des gens qui ne vont pas te dire "t'es super beau, bien habillé etc..." alors que tu sais pertinemment que dans l'instant ce n'est pas le cas, ça c'est pire...)

Tu parlais de jeux vidéo, que ça ne t'a pas aider, je pense que c'est faux. La culture passe par tous les médias, le jeu vidéo en fait partie. Si tu as passé tant de temps sur les jeux vidéo tu as certainement une très très grande culture de ce média, le contraire me semble impossible.

Cette culture fait partie de toi c'est une richesse et elle est importante de la considérer comme telle. Il y a des gens très cultivé en peintures, pour le cinéma, pour la musique et... pour le jeu vidéo !

Je suis certain que tu as des dizaines d'anecdotes à raconter sur tel ou tel jeu, console ou studio/développeur/éditeur: tout le monde n'en est pas capable et cela fait de toi déjà quelqu'un d'intéressant avec lequel discuter pour cela surtout que le jeu vidéo est un média qui à une véritable place dans la culture à notre époque: c'est un média aujourd'hui qui engendre plus de bénéfice que la musique et le cinéma et est considéré comme la première industrie culturelle !

Je me dis aussi que tu as peut être d'autres qualités en toi que tu n'as pas encore reconnue pour te sentir aussi vulnérable et diminué psychiquement.

Essaie de faire aussi un travail là dessus pour trouver qu'est ce qui fait ta spécificité en tant qu'être humain, qu'est ce qui fait que tu es reconnaissable entre mille, qu'est ce que tu sais faire mieux qu'un autre? Tu as forcément des passions, des centres d'intérêts particuliers, si oui fais en sorte de leur laisser une place plus importante dans ta vie, nourris les.

Si tu n'en as pas, cherche les, sois curieux, une personne sans intérêt et sans passion ça n'existe pas ou alors c'est de la pure mauvaise foi qui parle.

Pour te sortir de ta maladie tu vas devoir partir à la découverte/connaissance de qui tu es vraiment, dans tout ce qui fait que tu es toi et pas un autre, trouver/retrouver ce qui te rend fier d'être toi, qui te donne le sentiment de satisfaction d'avoir toute ta place dans ce monde parmi les autres.C'est une reconquête de toi même, un combat, mais le résultat que tu vises c'est ta libération et il en va de ton épanouissement personnel. Garde ce but en tête et comme un athlète qui se prépare à décrocher la médaille d'or, donne tout ce que tu peux pour l'atteindre.

Quand tu comprendras l'importance que tu as en tant qu'individu, ce que tu es capable d'apporter aux autres, même avec si peu (une simple parole positive que tu partages à quelqu'un peu avoir des répercussions insoupçonnées et pour cette personne à qui t'aie adressé et pour toi même), tu n'auras plus ce besoin de te comparer sans cesse aux autres et de te diminuer, parce que tu auras acquis le savoir et la connaissance de qui tu es vraiment et de ta grande valeur.

Je te souhaite quoiqu'il en soit bon courage à toi, j'ai conscience que c'est une expérience très douloureuse que tu traverses actuellement mais prends conscience que tu as tout en toi pour la transformer en expérience bénéfique.

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15 octobre 2017

benji92 a écrit : Contrairement louloup, je trouve que se sentir bien et a l'aise dans de beaux habits qui nous mettent en valeur aide énormément à booster sa confiance en soi pour commencer.
Je précise que moi j'aime bien mes vêtements, que je les choisis justement parce que je me sens à l'aise dedans, mais clairement je suis pas "à la mode", ça ne m'intéresse pas spécialement et mon problème c'est le jugement d'autrui sur ce que je peux bien porter plutôt que le mien (je veux dire, qu'est-ce que ça peut leur faire aux gens si je préfère les slips aux caleçons, hein ?! @onion11@ ). Cela dit c'est pas impossible que je m'améliore au contact de mon mari (mais bon comme il est petit je peux pas lui piquer ses fringues à part les chemisettes à manches courtes et les manteaux @onion9@ ).

C'est vrai que la situation des personnes LGBT s'améliore globalement, et c'est très bien ! Mais bon, c'est pas encore suffisant pour moi héhé... (militantisme quand tu nous tiens) @onion20@

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15 octobre 2017

Je suppose que je suis le deuxième à avoir motivé l'apparition de ce post ^^' ? Alors je fais ajouter mon ressenti. @onion9@

D'abord, gros GG à toi de dire tout ça, c'est pas facile de se dévoiler, même partiellement, encore plus quand on est anthropophobe. @onion17@
Cela m'aide à mon tour, pour en témoigner ;)

Pour ma part, j'éprouve pas autant de crainte que toi pour faire les courses, marcher dans la rue où acheter des vêtements (sur ce dernier je suis comme louloup, je prend ce qui me met à l'aise, et je me fiche bien de la mode, au contraire même) mais je te comprend parfaitement.
Pour le coiffeur par exemple, ce n'est pas la foule en soit qui va me gêner mais le coiffeur lui même, la plupart on tendance à vouloir bavarder , moi pas du tout, un bon coiffeur c'est celui qui te demande ce que tu veux et qui se tait ^^. Rien que par cette petite crainte, je suis parfois réticent à y aller, mais encore ça va. @onion20@

Là où je me retrouve totalement avec toi c'est le coup du téléphone, je met parfois plusieurs jours, à me décider de fixer le rendez-vous, à me refaire la scène et les possibles questions qui vont arriver, et également l'écrire sur le papier car une fois en ligne je serais incapable de me rappeler quoi dire, je parlerais sans avoir conscience de mes mots et de la réponse.
Pour un forum, où de manière plus général à l'écrit, ça passe mieux, même s'il m'arrive de relire un nombre incalculable de fois mon message avant et après.
De ce fait, je ne vais jamais vers les gens. @onion35@

De manière plus personnel, c'est surtout lors d'une conversation orale que tout devient angoissant, je me met à avoir les mêmes pensées et réaction que tu dit avoir dans ton message (rythme cardiaque, fatigue, respiration, "ils vont me regarder", "je suis inintéressant, voire ridicule ou débile")
J'ai toujours eut c'est profonde timidité et peur, mais depuis 3 ans, cela à empiré. Je me renferme beaucoup plus, même avec ma famille. Et comme toi je passe pour quelqu'un de froid et distant, alors que pourtant, je serais pas contre le fait de sociabilisé, mais cette crainte du jugement ou de la déception (celle de décevoir l'autre) est telle qu'on préfère rester caché, sans avoir une émotion positive de la conversation @onion16@ .

Plus récemment cette paralysie, m'handicap énormément pour trouver mon premier job, dès l'instant qu'on passe à l'étape de l'appel ou du RDV. Et comme toi, j'anticipe beaucoup, et rien qu'à voir les offres d'emploi, je suis tétaniser en me disant "j'en serais jamais capable" "qu'est-ce qu'on va penser de moi ? je vais passer pour un abruti" autant te dire, les jours de la semaine sont TRES difficile, un combat constant contre moi même, et défi du quotidien. Et moins j'y arrive pire c'est :/

Forte heureusement, j'ai 2 grand amis d'enfance, avec lesquelles je perd presque toute notion de ces angoisses en leur présence. Je pense que sans eux, je me serais enfoncer encore plus dans cette peur.

Mais pour ma part c'est autant un problème de timidité qu'un gros manque de confiance en soi.
Car souffrant de cette peur du jugement de l'autre, de mon côté je suis justement bien plus souple avec les gens. Je ne veux pas imposé aux autres ce que j'imagine que les autres m'inflige (je souligne bien le "imagine" car c'est bien mon idée, pas la réalité)

Sinon pour le jeux vidéos, je suis en accord avec Benji, c'est un atout, une passion, quelque chose qui est en nous, un point dans lequel moi, je discute et partage bien plus facilement que le reste.
Et pour le fait d'être gay, cela m'a également isolé pendant le collège/lycée, une barrière qu'on s'est mise pour se protéger @onion2@ . Aujourd'hui, ce n'est plus le cas @onion29@ , cela fait plus d'un an que je l'ai annoncé à presque tout mon entourage proche, on se s'en libérer d'un point, mais pas pour autant moins timide ^^.

Pour conclure, il n'y a pas de solution où remède miracle en effet, il faut savoir bien s'entourer (les mauvaise rencontre nous affecte bien plus @onion11@ ) et se forcé pour se rendre compte que ce qu'il y a de plus effrayant, c'est en réalité ce qu'il à dans notre tête et ce que l'on s'imagine, pas la réalité. J'ai conscience de cela, et pourtant cela ne change rien malheureusement comme je disais , y a pas vraiment de solution ^^'.
"Alors, si vous êtes plus à l'aise avec les notions concrètes, je peux vous proposer mon pied dans les noix..."

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16 octobre 2017

La parole est salvatrice beaucoup diront. Échanger même sur un forum peut servir d'exutoire émotionnel et à mon sens peut être une bonne chose.

A mon niveau j'ai développé au contraire une aversion societale qui atteint son paroxysme et être à Paris exacerbe ce sentiment. Je m'imagine déjà demain reprendre mon tram avec des badauds mal éduqués voulant pousser des aveugles ou des femmes enceintes pour rentrer dans leur boîte de sardine pour aller se faire presser comme des citrons pour des entreprises privées qui n'ont cure de leur investissement... Les humains je n'en puis plus ! Cette couche rigide de cretinerie générale me fait fulminer !

Trouver des perles humainement parlant et même, amicalement parlant, cela revient à l'aiguille et la motte de foin. Toutes ces relations de "convenance" ouhh épuisant. On se côtoie "tant qu'on n'a pas mieux". Après quand l'un ou l'autre se trouve quelqu'un ou une occupation c'est le schéma classique que tu ne revois la personne que lorsque son célibat vient poindre..

Bref à ce jour j'ai la chance d'avoir une moitié avec qui je partage ma vision des choses et de beaux moments, mon seul rempart à ce morne quotidien déshumanisé.

Pour en revenir à toi, déjà poser ce questionnement prouve que tu dois être déjà mille fois plus intéressant que plein d'autres qui ne feront jamais ce travail d'aveu.

Tu vas me croire dingue, mais parfois même jusqu'à présent je me dis que je pourrais être dans la matrice et que tous les autres humains ne sont peut-être que des PNJ alors pourquoi me prendre la tête avec de vaines peurs irrationnelles. Ajoute à ça ma passion pour l'astronomie et j'ai vite fait de recontextualiser le ridicule des soucis humains dans l'univers (ou multivers (?)).

Nous sommes enfermés dans de vieux carcans émotionnels mais je reste convaincu que l'on peut les briser. Après l'énergie pour le faire viendra dont je ne sais où mais j'espère que tu en seras investi très bientôt (oui je sais j'ai aussi créé un sujet sur l'ésotérisme ahah!).

Sois conscient de ta valeur !
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16 octobre 2017

louloup a écrit :

(...) mon problème c'est le jugement d'autrui sur ce que je peux bien porter plutôt que le mien (je veux dire, qu'est-ce que ça peut leur faire aux gens si je préfère les slips aux caleçons, hein ?! @onion11@ ).
Et finalement, le jugement d'autrui compte pour toi, puisque c'est ton problème.
Mais comme tu as quelqu'un, et tu es en plus marié (ce qui renforce le fait d'arriver à prendre des distances quant à ce problème), ce jugement prend une moindre importance au final.

Benji92 : je ne porte pas de "beaux habits" en fait, j'essaie juste de paraître "convenable" aux yeux des autres. Pas à la mode, puisque je ne la suis pas vraiment d'une part et que cette mode ne va pas forcément à tout le monde. Je fais des efforts sans en faire : c'est-à-dire que je vais mettre des vêtements qui passeront inaperçus afin d'éviter autant que possible d'attirer le regard.

La mauvaise appréciation est apparue finalement de façon assez insidieuse, je pourrais dire que je ne l'ai pas vu venir. Mais après une longue introspection (que je fais quotidiennement d'ailleurs), je me rends compte de beaucoup de choses. Cette mauvaise appréciation a des explications, trouve sa source dans plusieurs épisodes de mon passé, mais au final, je n'ai (pas encore j'espère) la réponse pour y remédier.

Trouver quelqu'un pour m'apporter des fringues ? Quelle drôle d'idée... Mais pas dénuée de bon sens malgré tout. Plusieurs problèmes se posent : je n'ai personne qui pourrait le faire, même si ce n'est pas le problème essentiel. Disons que cela irait à l'encontre du procédé de guérison qui consiste en une confrontation avec la phobie. En revanche, effectivement, j'aurais sans doute plus de choix vestimentaires, j'aurais tout le loisir d'essayer, et un oeil critique à mes côtés. Tous ces points effectivement peut-être seraient alors une incitation à sortir plus, tout à fait.
Le coach : on oublie. Je n'aurais absolument pas les moyens de me payer ses services et surtout, je ne me sentirais pas prêt. J'ai la vision (peut-être fausse) de tous ces coachs que l'on peut voir sur les chaînes grand public comme NRJ12 et autres Tellement vrai, cela m'est bien difficilement envisageable. Si j'avais les moyens, ce serait un coach sportif. J'ai voulu courir, faire des abdos, à chaque fois j'abandonnais (et j'allais bien sûr courir passés 22h30 @onion16@ ). Mais avec quelqu'un derrière mon dos à me pousser, je pense que je pourrais faire des choses.

Une passion ?
Deux choses m'intéressent :
1 : les voyages. Faut du fric. Et je ne me vois mal aller à New-York seul, sachant qu'en plus mon anglais sera limité.
J'ai fait l'Egypte il y a 10 ans avec un couple d'amis : à cette époque (une période très importante de ma vie, qui concerne Disneyland et qui a duré plusieurs années), j'ai acquis une assez grande confiance en moi. Puis petit-à-petit, la relation avec ce couple (surtout un des deux...) s'est détériorée, et pour le coup, je ne pense pas en avoir été responsable.
C'était mes seuls vrais amis homo.
Mes amis hétéros ont eu des enfants, tous.
2 : la deuxième chose reste particulière. Si je pouvais, j'irais nager tous les jours. Voilà donc 10 ans que je n'ai pas mis les pieds dans l'eau. C'est un comble quand on habite Bordeaux.
Pour quelles raisons ? La première est tout simplement le regard que je pose sur mon corps. Négatif. Ca, c'est pas un scoop. Je suis même incapable de montrer un mollet ou une cheville. C'est limite ce qu'on appelle de la dysmorphophobie.
La deuxième... Une opération chirurgicale en 2012, avec reprise en janvier 2013. Le chir dit ne pas avoir "raté", mais j'estime que quand il y a nécessité d'une troisième intervention c'est justement qu'il a raté. Bref, expertise et tout et tout. Tout ça pour dire que je l'ai dans l'os et qu'il est quasi impossible de gagner contre un chirurgien à cause d'un serment d'Hippocrate à la con et que surtout, les chirurgiens esthétiques (même si ce n'était pas vraiment de l'esthétique dans mon cas, mais c'est un esthétique qui m'a opéré) ne sont pas soumis à une obligation de résultats mais de moyens (il faut le savoir).
Enfin bref.
Je devrai donc me faire réopérer (j'ai déjà choisi et vu le chir) mais je ne m'en sens pas prêt. Habillé, on voit rien, mais sinon, moi, je ne vois que ça. A priori, les mecs pas vraiment, mais je fais une fixation dessus.
Enfin voilà...

Les jeux vidéos ne m'ont pas aidé tout simplement car je passais ma vie dessus. Comme beaucoup problème de poids à l'adolescence et compagnie, je restais enfermé sur mes jeux et mes amis étaient eux-mêmes des joueurs. Un problème car j'y passais trop de temps, trop de temps devant le petit écran. C'est juste ça.
Après, je n'ai absolument personne avec qui partager ce loisir, sauf mon meilleur ami, qui a maintenant une fille et qui habite Nancy. Pratique. Nous étions comme les deux doigts de la main (et nous le sommes toujours, je fais par ailleurs parti de sa famille pourrait-on dire). Maintenant, dire que c'est une passion, non. Je ne crache pas dans la soupe, j'y passe beaucoup de temps.
Mais quand il fait soleil, je reste frustré et je suis très malheureux au fond de ne pas aller fouler les plages d'Arcachon... Tellement j'aime l'eau... Tellement j'aime l'océan, océan que je ne connaissais même pas avant de venir habiter Bordeaux.
J'ai eu une relation (mais là, ce serait long à développer) avec un médecin (que j'appelerais Vincent, c'est le premier nom qui me vient à l'esprit) à Dijon de septembre 2006 jusqu'à mon départ de Dijon. Mais nous n'étions pas "ensemble". Nous ne vivions pas ensemble, nous ne nous voyons juste pour "baiser", dîner, dormir et accessoirement regarder la série Héroes ensemble, moi dans ses bras (il m'avait fait découvrir cette série dont il était fan). Pourquoi je précise "médecin" : car il réussissait à me faire prendre confiance en moi avec des propos très percutants. Il trouvait toujours les bons mots, aussi bien persos ("ta belle gueule de mec méditerranéen") que professionnels ("tu es un très bon infirmier"). Et ce statut avait alors plus d'impact sur moi (j'avais alors tendance à associer la classe socio-professionnelle aux goûts... Erreur de ma part, j'en suis conscient. Mais il faut dire qu'il était vraiment très classe et très sportif, et plaisait à toutes les nénettes, d'autant qu'il était bi...). J'aurais pu être d'autant plus fier de le "fréquenter" (d'autant qu'il paraissait assez inaccessible, très imbu de lui-même -jusqu'à dire aux flics qui veulent le verbaliser "qu'ils n'ont pas le quart de son niveau d'études"-, et que je le faisais énormément rire d'une part à cause d'une certaine naïveté mais également du fait de mon côté "rentre-dedans"), mais non: c'était une relation cachée. Et j'ai énormément souffert d'y croire tout en ayant conscience que ce serait impossible.

Il m'est arrivé d'envisager un jour de pousser les portes d'une boutique de jeux de société. Je sais que cela se fait à Bordeaux et ailleurs. Oh ! Pas pour jouer à des jeux de culture générale non. Même si je ne pense pas être du niveau de Nabilla ou avoir le QI d'un protozoaire décérébré, je n'ai pas le niveau (ça, c'est un fait, la culture générale m'a toujours fait défaut). Vincent me disait (toujours les mots justes...) que j'étais un mec "très intelligent" (j'ai compris que la culture n'était pas "essentielle" pour plaire à quelqu'un, même si maintenant, j'ai tout à recommencer puisque cela devient de nouveau pour moi un gros défaut) avec "beaucoup de répartie". Le loup garou, j'ai jamais rien compris à la sorcière et faire le "conteur" serait là aussi impossible pour moi. Mais du temps où je côtoyais ce couple d'amis, qu'est-ce que j'ai pu passer du bon temps...
Bon, on oublie là encore l'idée de pousser les portes de ces "boutiques" (qu'on doit appeler autrement d'ailleurs, mais le nom me fait soudainement défaut), même s'il doit être agréable de jouer ensemble et de se marrer autour d'un verre ou deux... Un mojito ? @onion29@

En fait, je ne suis pas dépressif (je précise) car je reste quelqu'un de positif. Le problème est que cette phobie sociale dans le contexte du burn-out fait que je commence à voir le verre plus à moitié vide qu'à moitié plein. Mais je reste malgré tout dans un positivisme (relatif), ce qui m'aide toujours à envisager de belles choses dans l'avenir.

Je te remercie beaucoup Benji92 pour tes ecouragements.


Je m'arrête là pour ce soir car je vois que d'autres ont encore participé. Je suis vraiment agréablement surpris, et je me rends compte que je suis en train d'utiliser peut-être le site comme un exutoire. Je ne pensais pas être aussi bien entendu, compris, vraiment.
Comme je l'ai dit, je n'attends pas de solutions, mais je me rends compte que vous lire m'apporte énormément.

Je lirai les autres posts demain, et je suis sûr de passer encore de bons moments.
Et si ça peut aussi aider d'autres, alors là, je suis comblé, vraiment...

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16 octobre 2017

Salut Kurillos !

Je viens de lire entièrement l'intégralité du sujet et je tiens tout d'abord, a te souhaiter tout plein de courage pour les démarches que tu entreprends, je trouve cela parfaitement admirable car je sais a quel point cela est difficile et demande une volonté de fer.

Même si chez moi, cela n'a jamais atteint le niveau que tu décris, je me reconnais bien dans ton poste, je possède moi aussi quelques phobies sociales, comme celle de sortir et prendre le bus.. elle me hantait depuis quelques années, a telle point... que j'étais devenu entièrement dépendant du véhicule familial ou je demandais a mes amis moyennant des frais d'essences de venir me chercher lorsqu'on devaient passer la soirée ensemble. ( Enfin c'est plutôt mes amis qui me proposaient et j'acceptais en sachant pertinemment que je devrais prendre le bus sinon. ) Rien qu'a cette idée, j'avais mon rythme cardiaque qui s'accélérait, des centaines d'images de ce qui pourrait se passer me venait a l'esprit et j'étais pris d'une grande fatigue. ( Quand je stresse, j'ai tendance a m'endormir.. autant te dire que quand j'étais narcoleptique.. je m'endormais dans des endroits et des positions bizarres. ) Bref, je suis resté enfermé chez moi... pendant 3 ans.. en mettant le nez dehors le moins possible.

Je remettais toujours au lendemain les coups de fil important, de peur de passer pour un abruti ou un crétin ( et ce sont les termes que je pensais de moi, a ce moment, voir parfois pire. )

Concernant la question des vêtements, j'en ai peu, car il est très difficile pour moi d'en trouver des biens coupés. Et le peu que j'ai, ont été choisi avec soin, parce que lorsque je sors, le fait d'être bien habillé pour moi.. et comme une sorte d'armure: ils me permettent alors de me sentir en sécurité et de gagner un peu en confiance. C'est une sorte de rituel pour moi.. de m'habiller, de me coiffer, d'aller chez le coiffeur. Comme si je ne voulais laisser aucune occasion aux autres de me juger, que ce soit sur mon apparence ou sur ce que je suis. Ce qui fait qu'en soit, je ne suis jamais véritablement tranquille lorsque je suis dehors..
Le seul endroit ou je me sente a mon aise, c'est lorsque je suis dans mon bar a jeux de Nancy, justement ! Ou je joue a Magic l'assemblé.

C'est un domaine que je commence a bien connaître ca me permet d'oublier un peu mon mal être et de me sentir en confiance.

A une époque, je marchais tout près des murs sur les trottoirs pour laisser le plus de place possible aux autres et me faire oublier, J'en étais au point, ou je m'excusais d'exister, je n'avais que ce mot a la bouche. Un NG que je connais bien pourrait même témoigner sur le fait que je l'ai même remercié, au début de parler avec moi ! x)
Bon depuis ça va un peu mieux, et on finit tous par évoluer, et je suis persuadé que tu es sur le bon chemin pour t'en sortir !

Concernant tes passions:

J'ai le même soucis que toi, même si mon principale défaut ne vient pas de mes phobies sociales que je combats en ce moment, mais c'est vrai que lorsqu'on veut voyager.. ne pas le pouvoir a cause d'une barrière mentale, monétaire ou physique. C'est parfaitement frustrant et je te rejoins en tout point la dessus.. :'(

Après, beaucoup de chose ont été dites dans les précédents postes, choses que je trouve parfaitement pertinentes !
Enfin je vais m'arrêter là ! Mais je continuerai de suivre ce poste avec Intêret !

Bonne journée a toi ! Et a tous !

Chrys

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17 octobre 2017

Alister : tu es en effet le second à m'avoir motivé à poster ce sujet. Et maintenant que je vois toutes les réactions, je ne regrette pour le moment en rien ma démarche :)

Les coiffeurs qui veulent discuter ne me dérangent pas. Les "blancs" auraient justement à me mettre mal à l'aise (et on en revient à... Ta da... : "je n'ai rien à dire, je suis inintéressant et moche, le coiffeur se fait chier avec moi") (enfin, bref, je pense que vous avez un peu tous saisi l'idée générale quoi... :D ). Bon, il y a peut-être aussi le fait que je sois seul, et donc, échanger me manque sans doute un peu.

Pour le téléphone, nous réagissons effectivement un peu de la même manière et j'ai ri en te lisant concernant "l'écrit" : je suis comme toi. Je me relis un nombre incalculable de fois avant de poster quelque chose, avant d'envoyer un mail, un courrier... Par contre, une fois ceci fait, j'oublie : sinon à ma relecture, je vais me dire "j'aurais du écrire ça...".

Je suis particulièrement à l'aise à l'écrit, mais assez à l'oral. Un entretien d'embauche curieusement ne m'a jamais vraiment posé de problème. Mais j'exerce un métier où il y a un peu de demande (même si elle est nettement moindre qu'il y a quelques années), je suis un homme (ça joue...), et donc si je ne suis pas en position de force (je ne me dis jamais ça), je me dis que je ne suis pas non plus en position de faiblesse. Car il faut savoir une chose, si ma vie perso est une pure catastrophe, mes années d'exercice en tant qu'infirmier (plus les années où j'exerçais avant) se sont toujours très bien passées. En fait, je me suis toujours investi à fond dans mon travail, à faire des heures et des heures. Cette confiance a malheureusement commencé à diminuer un peu, cette année...
Ce qui m'a aidé à l'oral est qu'il y a quelques années, j'ai décidé de "ne rien cacher". En fait, je paraissais plus ridicule en faisant celui qui "sait" (et quand la conversation se poursuit alors sur un sujet dont on ne pane rien on a l'air encore plus con) plutôt qu'en déclarant à la personne "non, je ne sais pas", "je ne connais pas". D'ailleurs, j'avais déjà lu que savoir dire "je ne sais pas" est finalement le début de la sagesse...
Si je dois me retrouver en face de quelqu'un pour un entretien (avec un inconnu), je me dis toujours qu'au fond, cette personne, je ne la connais pas et que les jours suivants, elle m'aura complètement oublié si je ne suis pas retenu. De là, ne risquant rien, je me sens alors plus à l'aise. Non pas pour dire ce que je pense de lui ou d'elle (dans le cas où ce serait un con/une conne), mais plus détendu pour là encore ne rien cacher et pour mettre en valeur mes qualités.
J'espère vivement que tu trouveras du travail rapidement, vraiment. Par contre, tu es très précis concernant le début où tu as remarqué une aggravation de ta timidité. 3 ans... C'est qu'il a du se passer quelque chose...
Et je reprends ce que Benji92 a écrit : "Je pense que les professionnels que tu as vu ont du te dire que ta maladie est réversible car tu ne l'avais pas a ta naissance, elle s'est déclarée à la suite de facteurs qui se sont "accumulés". Tu peux donc faire le chemin inverse et t'en sortir en faisant tout un travail de "désamorcement" des événements qui t'ont conduit à être prisonnier de cette phobie. Il y a donc une issue et la guérison certaine au bout. Il faut y aller pas à pas. Entoure toi du mieux que tu puisses de personnes positives et sincères (j'entends "sincères" par des gens qui ne vont pas te dire "t'es super beau, bien habillé etc..." alors que tu sais pertinemment que dans l'instant ce n'est pas le cas, ça c'est pire...)"

En tous les cas, tu soulignes (au propre comme au figuré) bien l'incohérence de nos comportements : "c'est bien mon idée, pas la réalité". Oui, on a conscience de l'absurdité parfois de ce que l'on ressent, et pourtant...


Lake : "se faire presser comme des citrons pour des entreprises privées qui n'ont cure de leur investissement" : comment ne pas être d'accord. C'est un peu l'origine de mon burn-out d'ailleurs. Des entreprises privées dont les dirigeants se permettent de nous donner des leçons de morale alors que pour eux seuls profit et rentabilité importent. Mais ils savent édulcorer leur propos sous formes de chartes du patient, de la personne âgée, etc. alors que nous travaillons avec les moyens et dans les conditions que EUX nous donnent...
J'allais à la poste dernièrement. Une queue monstrueuse. Une seule femme présente quand j'y étais. elle avait les joues en feu, on sentait qu'elle n'était pas bien, et les gens râlaient. J'avais mal au coeur pour elle.
Même si je ne suis sans doute pas aussi virulent sur les humains, j'avoue que je commence à être lassé. D'ailleurs, je me suis pris de passion pour les animaux (même si je les ai toujours aimés), et en particulier pour les chats (ma chatte est morte en début d'année et j'en ai toujours pas vraiment fait le deuil je pense). Ah tiens, une passion : les chats...

J'aime assez les termes que tu emploies, et j'aime aussi le terme de "relation de convenance". Effectivement, maintenant que tu en parles, c'est un peu l'impression parfois que l'on peut avoir...
Et si je fais ce travail, justement, c'est (tout finalement se rejoint) que j'ai pris la décision de ne plus mentir. Je suis seul, je n'ai pas vraiment d'occupation, je ne vais pas dire que je suis allé faire du ski nautique un 1er janvier en Alaska avec mon mec élu mister Univers et accessoirement astrophysicien. Non. J'ai une vie. Certes pas trépidante. Mais je ne mens pas. Et ça, ça m'aide considérablement curieusement.
Le fait d'être dans la "matrice" ne te rend pas dingue à mes yeux. J'ai une sensation équivalente qui m'aide aussi parfois. Je ne connais pas les gens, je n'ai à priori pas de raison de les côtoyer, alors pourquoi ne ferais-je pas ce que j'ai envie de faire ? Aller sur la plage, ils vont me regarder au début (ce que me dit, avec raison je pense, toujours une amie) et puis après ils passeront à autre chose (ou alors ils ont vraiment rien d'autre à foutre...).
Bon, malgré cela, le blocage est toujours là ceci dit :D . Mais j'avance...

Quant à l'astronomie, quelle belle passion. Complexe, sans doute, mais formidable je pense. Ce doit être pratique de regarder les étoiles au téléscope à Paris ;) (même s'il doit maintenant se faire de sacrés appareils, avec des sortes de filtres ou je ne sais quoi).

Et je vais rechercher ton sujet sur l'ésotérisme tiens...

Chrys : prendre le bus ne me dérange pas vraiment en fait. D'ailleurs, curieusement, les transports en commun ne me dérangent guère (sauf quand on se fait bourrer et qu'on a rien demandé...). La fatigue qui précède une situation de stress est un phénomène assez curieux, je ne l'explique pas vraiment.
Alors si en plus tu étais narcoleptique, bonjour ! Tu as du sacrément en baver par contre !

Pour les vêtements, je lis encore quelque chose de très intéressant : "armure", "se sentir en sécurité", "je ne voulais laisser aucune occasion aux autres de me juger (...) sur ce que je suis"...
C'est fort ces propos pour des vêtements. En ce qui me concerne, mon armure est tout simplement, mon domicile. Ma zone de confort donc. Mais au moins, tu as trouvé un moyen pour sortir l'esprit bien plus tranquille et je trouve ça formidable.

Un bar à jeux, quel con @onion9@ C'était cela dont je voulais parler.

Et les voyages...
- voyager avec un couple d'amis, c'est sympa, mais voyager avec des amis non en couples, c'est pas mal aussi et ça évite de tenir la chandelle. Et on se lâche peut-être plus... :D
- oui, le côté financier est important. Ceux avec qui je suis allé en Egypte ont fait plusieurs pays par la suite, un autre couple d'amis va régulièrement à Disneyland en Californie, un autre couple d'amis fait une fois par an un super voyage (là, c'était Dubaï)... Que des couples ? Ah oui. La vie de célibataire reste financièrement un peu plus difficile qu'en couple. C'est soit je mets de l'argent de côté tous les mois pour ma retraite soit je mets de l'argent de côté pour me faire plaisir. Pourquoi je parle de ça ? Parce que effectivement, c'est très frustrant et cela isole un peu plus finalement (on a alors rien à raconter tandis qu'on nous bombarde de photos de pays où l'on ira peut-être jamais). Il y a environ 10 ans, le mari d'une amie m'a dit "tu n'as rien fait comme voyage ?" d'un petit air condescendant. Je m'en souviendrais longtemps. Il était en couple à l'époque... Ca m'avait beaucoup marqué. Et affecté d'ailleurs. J'avais ressenti une sorte de honte à l'époque.


C'est formidable tout ce que j'ai pu lire et effectivement, toutes vos remarques sont très pertinentes, merci beaucoup @onion1@ .
Je suis vraiment content de m'être lancé... @onion2@
Et qui sait, dans un an ou deux, je pourrais peut-être participer à vos soirées @onion17@ Allez, je me permets de rêver juste un peu.
Modifié en dernier par kurillos le 17 octobre 2017, modifié 1 fois.

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17 octobre 2017

Alister a écrit : Pour le coiffeur par exemple, ce n'est pas la foule en soit qui va me gêner mais le coiffeur lui même, la plupart on tendance à vouloir bavarder , moi pas du tout, un bon coiffeur c'est celui qui te demande ce que tu veux et qui se tait ^^.
Si tu habites à Paris, tu peux aller te faire coiffer chez les Chinois près du métro Arts et métiers : ils vont pas te parler et ça te coûtera moins cher pour le même résultat @onion9@ (enfin après j'ai pas testé pour les coiffures élaborées)

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17 octobre 2017

kurillos a écrit : Et finalement, le jugement d'autrui compte pour toi, puisque c'est ton problème.
Mais comme tu as quelqu'un, et tu es en plus marié (ce qui renforce le fait d'arriver à prendre des distances quant à ce problème), ce jugement prend une moindre importance au final.
C'est vrai, je ne peux pas m'empêcher d'y accorder de l'importance. Genre à Paris quand un clochard bourré m'insulte ou que quelqu'un est super malpoli avec moi, ben ça me fait quand même quelque chose. N'empêche, je remarque qu'on est nettement moins jugé sur son apparence à Londres ou à Pékin qu'à Paris (dans le sens où même s'ils ont une opinion sur ce que tu portes, ils ont la sagesse de garder ça pour eux), donc y a quand même quelque chose de culturel. Du coup c'est assez libérateur et là-bas je me prends moins la tête car je sais que je vais pas me prendre des remarques. Aux US les hommes s'habillent beaucoup comme des sacs car s'intéresser à la mode est perçu comme quelque chose de féminin (il y a une expression : "il n'est pas gay, il est européen").

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17 octobre 2017

Ah bon ???????? Je pensais au contraire qu'à Paris tout le monde se foutait de la façon dont tu t'habilles, tellement... on voit de tout quoi !
J'y suis allé pas mal par le passé (et encore de temps en temps) et c'était un peu l'impression que j'avais.

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17 octobre 2017

Ca doit faire une dizaine d'année que j'y vis. Je me rappelle avoir lu y a pas si longtemps une BD d'une fille qui parlait de son arrivée à Paris : elle arrive de sa province avec une tenue pas fashion (mais rien de franchement extraordinaire) et la copine qui vient la chercher a honte d'être vue avec elle et lui fait sentir. Je trouve que ça résume assez l'ambiance. Après y a de tout, c'est vrai.

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17 octobre 2017

Ah non non, mais c'était juste une impression, je ne fais qu'y passer à chaque fois; tu y vis, c'est autre chose.
Bien, autant pour moi, j'ai moins de regrets de ne pas y habiter (j'ai toujours voulu y vivre !).
Comme quoi, les apparences... ;)

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17 octobre 2017

Ah ben Kuri je suis juste astronome amateur, je n'ai pas de télescope mais je lis les news quotidiennement. J'ai même acheté la physique quantique vulgarisée et pour moi qui suis issu d'une formation Littéraire c'est très complexe ahah !

Sinon on n'a qu'à faire une virée shopping sur Paname, en revanche je ne sais pas trop où trouver les bonnes enseignes. Mais bon même dans des rayons classiques pour personnes plus jeunes ça peut matcher.

J'arrive bien à conseiller mes proches, bien que mon chéri n'aime pas forcément mes propres sappes (ahah!) son meilleur ami est d'ailleurs d'un standard plus petit genre dans les mètre 50. Et m'avait déjà relaté la difficulté de la chose mais je sais qu'il fait retoucher souvent ses achats.

Mais j'avoue qu'étant arrivé sur la capitale il y a 11 ans, depuis bon j'ai une meilleure situation (euphémisme) j'arrive peu à peu à améliorer mon apparence extérieure (quant à l'intérieure je ne sais pas !!)

Garde la pêche parce que de nos jours le côté obscur est omniprésent, le côté clair ne doit pas s'éteindre, même si je te le concède nous sommes dans une triste époque !

Lake
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17 octobre 2017

kurillos a écrit : Le manque de confiance en soi, un bien grand problème, mais qui peut engendrer des troubles très handicapants...

Bonjour,


Il y a un moment que je pensais poster un nouveau sujet, mais je n’osais pas me lancer. Après quelques échanges, je me dis, pourquoi pas. Je risque quoi au fond…
Cette hésitation est justement directement liée au problème dont je souhaite parler.

Je vais développer un peu, et je m’en excuse par avance.

Je suis originaire de Dijon où j’ai vécu jusqu’en 2012. J’avais depuis longtemps envie d’en partir, sans véritablement avoir de raisons précises, même si je pouvais en avoir des tas. Quitter un amour impossible, l’attrait d’une grande ville, envie de nouer de nouvelles relations…
Je pensais alors pouvoir me débarrasser d’un problème, sur lequel j’ai mis des mots que très récemment.

Aller chez le coiffeur : j’y allais très tôt le matin, en semaine, là où il y a moins de monde dans les rues, voire très tard le soir, quand il fait nuit en hiver (« je sors de chez le coiffeur, les gens vont forcément me regarder, parce que je suis mal peigné… »).
Aller en courses : je passe par de petites rues peu fréquentées, là encore tôt le matin ou tard le soir, à la nuit tombée (« les gens sont habitués à me voir passer, seul, il y a forcément un problème »).
M’acheter des vêtements : beaucoup de vendeurs, que j’imagine gays*, qui eux savent s’habiller, sont grands, beaux… « Ils vont me regarder »  (c’est forcé !): je suis petit, je ne sais pas m’habiller et surtout, du fait de cette petite taille (1,66m si vous voulez un chiffre), j’éprouve des difficultés à trouver les vêtements adaptés, ce qui entraîne alors plusieurs essayages et donne alors d’autres raisons supplémentaires aux vendeurs de se moquer (si, c’est obligé !). Attention, j'en vois venir certains : 1,66m, ce n'est pas petit. Disons que dans la "génération" actuelle (j'ai 41 ans), les "jeunes" sont de plus en plus grands. C'est chose certaine. Mais il faut distinguer deux choses : la pensée négative et la pensée de focalisation. Et cette phobie, comme beaucoup de phobies est absurde (encore plus quand on sait que la personne phobique en a conscience). Donc on a beau nous dire que "1,66m n'est pas petit"... Ca marche pas
Enfin bref, je pourrais donner plein d’autres exemples….

(* : pourquoi je précise "gay" : beaucoup de gays, surtout dans le milieu de la mode, ont un oeil très critique, voire moqueur, on le sait tous. Les gays n'étant (attention, je ne mets pas tout le monde dans le même panier) par ailleurs pas les personnes les plus tolérantes concernant le physique, en particulier de leurs homologues masculins. Et malheureusement pour moi, je ne peux aller m'habiller que dans une boutique de fringues, pas encore au rayon des côtes de boeuf...) (et on oublie la vente par correspondance : je suis obligé d'essayer d'une part, et pour vaincre une phobie, il faut y être confronté pour ceux qui ne le savent pas, ce ne serait donc pas forcément une alternative judicieuse...)

Avril 2012, je pars pour Bordeaux. Une grande ville (« personne ne me connaît, je pourrai plus facilement sortir »).
Je sors, je vais au ciné (je n’ai pas vraiment d’occupation, je ne connais personne et ne pratique aucun sport - hélas je dirais-) mais j’essaie de connaître du monde.
Forcément, via les réseaux gays. Je rencontre alors des mecs.
Deux ans plus tard, de nouveau je me suis isolé.

Que s’est-il passé ?

Comme Dijon : à savoir qu'au bout d'un temps, je sors de chez moi, j’ai l’impression que tout le monde me connaît, me regarde. Et si on me regarde, c’est qu’il y a forcément quelque chose qui ne va pas. Je pensais qu’aller dans une grande ville allait arranger les choses, que nenni.

Et j’ai alors mis un nom la dessus : phobie sociale.

J’en ai alors parlé à mon médecin traitant cette année seulement qui m’a adressé à un psychiatre, qui lui-même m’a adressé à un autre, ce dernier traitant les phobies (dont celle des araignées pour ceux que cela intéresse…).
Voilà, je ne m’étais pas trompé : je souffre effectivement de phobie sociale (qui peut bien sûr se manifester différemment selon chaque individu). Et quand cela commence à impacter sur mon travail, cela devient problématique (je suis infirmier depuis 11 ans). A noter un petit contexte d’aggravation qui m’a incité à en parler, celui d’un burn-out… Ca n’arrange rien.

J’en suis environ à la quatrième séance où j'ai jusqu'à présent décrit les situations qui déclenchent la phobie, ce que je pense à ce moment et comment cela se manifeste.
Pour moi, cela se déclenche d’une part à des moments cités plus haut, mais également à d’autres, et de façon différente.
Prendre le téléphone pour prendre un RDV, il faut que je réfléchisse à mes mots avant de prendre le combiné ("je vais forcément bégayer"), ou bien écrire un sujet sur un forum (« je serai forcément inintéressant, voire ridicule ou débile »).
Dans peu de temps, le psy me donnera des « exercices » à faire, de mises en situations j’imagine (il n’a pas détaillé et je n’ai rien demandé puisque j’anticipe déjà et j’angoisse à l’avance).
Justement, mon problème aussi : l’anticipation. Toujours négative. Forcément. Cette anticipation négative fait que je ne me lance pas, que je ne fais pas front, je reste alors dans ma zone de confort. Cela devient ainsi un cercle vicieux : je ne sors plus, il y a alors une stagnation de l’anxiété voire une augmentation de cette anxiété.

En ce moment, je ne sors justement plus que quand c’est nécessaire. Je me suis isolé et je ne vais plus vers les gens. Je suis mal à l’aise (un ami m’invite, mais il sera avec trois ou quatre de ses propres amis que je ne connais pas : impossible pour moi…). Et si je viens à rencontrer quelqu’un (je n’ai pas été sur un site de rencontre pour rencontrer un mec sérieusement depuis… 3 ou 4 ans…), je suis sur la défensive et je peux paraître froid, distant. Con sans doute, maladroit c’est sûr, je sais pas.


Voilà. Et j'ai essayé de résumer... ^o)

Je n’attends pas vraiment de conseils, mais peut-être des témoignages de personnes souffrant d’un problème semblable.
Attention, la timidité est une chose, je parle là véritablement de phobie. A savoir qu’il y a en plus de fortes manifestations anxieuses associées, d’ordre plus « physiques » : accélération du rythme cardiaque en particulier, sueurs profuses, grosse fatigue qui m’envahit d’un seul coup, augmentation de la fréquence respiratoire…

Je vous souhaite à tous une excellente journée/soirée :)
je fais 1m91 et j'ai souffert du même problème si cela peut te rassurer :p je pense pas que la taille influe tu penses juste que tout le monde te regarde et que tout le monde va penser ce que tu penses... (of course un truc négatif^^) :/ comment c'est passé ben euh avec le tps et en croisant des gens... l'expérience... et euh un pote que j'appelle dexter ^^ pas parceque c un connard loin de là mais parceque lui va du point A au point B sans passer par le reste de l'alphabet alors que moi je fais tout l'alphabet 2/3 fois dans le désordre ^^.

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17 octobre 2017

@Kurillos mais aussi @tous ceux qui font / ont fait face à ce style de soucis :

Bravo pour cette première étape, et courage dans toutes les suivantes ! De ce que j'ai compris, le vocabulaire employé, il est question de "TCC", approche thérapeutique qui a les meilleurs résultats sur toutes les problématiques de type anxieuse.

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18 octobre 2017

(je vais reprendre ton système de réponse, Kurillos ^^)
En tout cas, oui, super sujet, c'est le premier où je participe autant XD

kurillos : Tu dit avoir peur des blancs dans une conversation, bah tout pareil, mais seulement avec des gens où la conversation est "normal", avec des amis, des collègues, la famille etc ... Si bien quand une soirée se prépare, je prévoit toujours une tonne de divertissement, jeu et autres pour évité tout ennui sinon comme toi, ça loupe pas "J'ai rien à dire, je suis inintéressant ....". Un coiffeur fait partie des gens où la discussion n'est pas obligatoire pour moi, donc ça passe , c'est même mieux ^^.

T'as tout compris pour le téléphone ^^, à l'écrit ça passe beaucoup mieux, mais y a un petit stress bien présent quand même.

Heureusement pour toi, cette phobie n'entache pas ton boulot (enfin n'entachait pas si j'ai bien compris :/). Moi pour un entretien j'ai beau me dire , c'est un inconnu, si ça marche pas rien de grave on oublie ... bah non rien à faire :( . Et pourtant, je ne cache rien, je ne fait pas celui qui sait beaucoup de chose, au contraire ... Même qu'avec le stress de la conversation je dit "je ne sais pas" sur des choses qu’après un instant de réflexion et le stress en moins je connais bien ^^'. Bref c'est la partie la plus handicapante de ce problème, ça rend difficile tout nouveau contact.

Ce qui est arriver y à 3 ans je le sais très bien, mais pour résumé, car sinon c'est une longue histoire ^^ : un cumul d'échec professionnel et social. 2 tuteurs de stage qui ne mâchaient par leur mot pour dire et me rappeler presque chaque jour (et même dans le métro car on avait le même trajet -_-) que j'étais incompétent voir dangereux.
Et de très bonne rencontres (on formait un bon groupe d'amis joueur pendant plus de 2 ans) qui m'ont vraiment sortie de mon cocon (mais je le vivais bien à l'époque) jusqu'à que ces dernières révèlent leur personnalité, et se déchirent ou coupent tout contact pour divers raison, à chaque fois j'étais plus ou moins concerné, perdre 5 amis en l'espace d'une petite année ... ça fout un coup, sachant que je suis constamment entrain de me remettre en cause ou en doute.
Le cumul des deux m'a pas mal anéanti les premiers mois.

A savoir si tout ça est de ma faute, ou si c'est moi qui me juge coupable (" Mon idée, pas la réalité") ... Je ne saurais dire ... surement les deux, mes pensées aggravent le réel.

louloup : J'en ai trouvé un dans ma ville du nord de Paris dirons nous ^^ (93 tout ça ...), tant qu'ils ne parlent pas, ils sont très bien ^^. Mais merci du tuyau XD.


kurillos a écrit : Et qui sait, dans un an ou deux, je pourrais peut-être participer à vos soirées @onion17@ Allez, je me permets de rêver juste un peu.[/b]
XD, je suis totalement en phase avec cette phrase ^^
"Alors, si vous êtes plus à l'aise avec les notions concrètes, je peux vous proposer mon pied dans les noix..."

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18 octobre 2017

Puisque ce sujet semble parfaitement approprié pour faire son "coming-out", je me lance. Je n’aime pas trop l’avouer mais je présente moi-même beaucoup des symptômes qui ont été énoncés au-dessus puisque je suis atteint depuis mon adolescence de ce que les psys appellent un "trouble de la personnalité évitante". Il s’est déclenché chez moi après une période de harcèlement que j’ai vécu au collège et il a été diagnostiqué trop tard pour que les effets soient facilement remédiables (ça doit faire un peu moins de 2 ans que je sais précisément quel nom donner à mon... "particularisme").

Mon trouble se traduit par une tendance au repli sur moi et à l’évitement des relations sociales (d’où son nom). Je parle vraiment à très peu de gens à l’exception de ma famille proche (pour tout dire, quand ma grand-mère tourangelle vient me voir dans ma Champagne natale, je stresse...) et j’évite autant que possible les interactions sociales, y compris celles qui semblent plus accessibles en raison de leur virtualité.

Pour prendre quelques exemples, quand j’ai testé World of Warcraft pour la première fois, je suis tombé sur quelqu’un qui m’a proposé de l’accompagner dans l’aventure… J’ai fait planter mon PC et je n’ai plus jamais rouvert le jeu… Depuis j’ai acheté un seul MMO mais j’ignore toutes les sollicitations qui me demandent de rejoindre un groupe (comme quoi, je progresse... un peu...)

Même sur Next Gaymer, que je fréquente depuis longtemps, je me heurte à certaines limites. Ecrire sur le forum ne me dérange pas mais je ne publie pas la plupart des messages que j’écris et je ne me rends tout simplement pas sur les espaces trop interactifs (le discord par exemple). Il y avait, sur l’ancienne version du site, un salon de discussion. J’y suis allé une fois... moins de deux secondes. J’ai mis un temps fou à me convaincre de cliquer sur le lien qui y menait et à peine avais-je cliqué, à peine avais-je vu l’interface et le signe d’une activité, que j’ai fermé la page avec les mains tremblantes (la honte m'accable @onion16@ ).

Comme toi, semble-t-il, ça ne m’empêche pas d’avoir des relations superficielles avec les gens (typique des relations professionnelles), mais c’est rare que j’aille plus loin. Mes amis, qui se comptent sur les doigts de la main d’un menuisier malhabile, sont habitués à la relation distante que j’entretiens avec eux, à mes regards fuyant pendant les conversations, à ne pas voir dépasser ne serait-ce qu’un bout de bras de ma tenue vestimentaire…

Pour autant - et j'imagine que pour certains la remarque qui suit risque de paraître lunaire - je vis ma situation assez bien au quotidien. Bien sûr, je suis déjà passé par des dépressions un peu violentes et ça risque de m’arriver à nouveau (je fais partie d’une « population à risque » dit-on) mais, étant donné que je le sais, je peux m’en prémunir bien mieux que le commun des mortels.

Et puis je fais de petits progrès de temps en temps. Il y a peu, je me suis lancé dans le militantisme politique et je me suis surpris à comploter dans des bars malfamés avec des inconnus, à coller des affiches en pleine nuit, à distribuer des tracts sur les marchés, à partir pour Paris défiler avec mes camarades... Autant de choses que je n’aurais jamais pensé pouvoir faire il y a deux ans. Comme quoi, si assister à une soirée organisée par NG te motive assez, je pense que tu pourrais y arriver beaucoup plus vite que tu ne le penses (et cette remarque vaut aussi pour toi, Alister).

Je ne sais pas si mon message est de nature à te rassurer (honnêtement, j’ai comme un doute), mais j’ai dit tout ça pour te faire comprendre que ce n’est pas parce que les gens comme nous ne sont – par définition – invisibles, qu’ils n’existent pas.

Ce qu’il faudrait faire, pour accroitre notre visibilité, c’est un site pour les gays joueurs de jeux vidéo atteints de phobie sociale et de troubles anxieux (Asocial Gaymer peut-être ?) @onion9@ .

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